En bref
- Les marchés américains restent soutenus par des résultats d’entreprises robustes.
- Les grandes banques comme Goldman Sachs, Morgan Stanley et BlackRock surpassent largement les attentes.
- Le secteur des semi-conducteurs, porté par TSMC et l’essor de l’IA, entraîne la croissance des indices.
- Les tensions géopolitiques et les mesures politiques internes, notamment de Donald Trump, maintiennent la volatilité latente.
- La confiance des ménages reste faible, contrastant avec la vigueur des marchés financiers.
Une saison de résultats sous haute tension
Les investisseurs continuent de scruter la saison des résultats d’entreprises aux États-Unis avec un optimisme prudent. Après un quatrième trimestre 2025 marqué par des performances robustes des banques et institutions financières, les regards se tournent vers des acteurs comme Netflix, Johnson & Johnson et Intel, dont les résultats seront révélés dans les prochains jours.
L’importance de cette période est amplifiée par un contexte politique et géopolitique chargé. Les propositions audacieuses du président Donald Trump, notamment le plafonnement des taux d’intérêt sur cartes de crédit à 10% et les restrictions sur les acquisitions immobilières par Wall Street, ont surpris les marchés, provoquant des fluctuations dans le secteur bancaire.
« Les entreprises capables de répondre aux attentes et de les dépasser seront récompensées, et leur performance constituera un moteur nécessaire pour les marchés », souligne Art Hogan, stratégiste en chef marchés chez B Riley Wealth.
Les grandes banques sous le feu des projecteurs
Le contraste est frappant entre les banques universelles et les banques d’investissement axées sur la gestion de patrimoine et le trading. JPMorgan a affiché un ROTCE de 18% au quatrième trimestre 2025, confirmant la solidité de ses marges d’intérêt et de ses activités de trading, malgré un léger ralentissement dans la banque d’investissement lié à un contexte moins favorable pour les IPO et les fusions-acquisitions.
Les provisions accrues sur certains produits, comme l’Apple Card, traduisent une gestion prudente des risques, sans signe de crise. Le shadow banking, qui représente près de 13% des prêts, reste sous surveillance, mais le système financier bénéficie encore d’une liquidité confortable.
Les marchés ont réagi de manière prudente : l’action JPMorgan a perdu plus de 4% après les annonces, non pas en raison de résultats médiocres, mais à cause de la perception d’une moindre marge de sécurité pour absorber un choc potentiel dans un contexte de shadow banking.
Les banques d’investissement et la finance alternative tirent leur épingle du jeu
Du côté des banques axées sur le trading et la gestion d’actifs, la situation est diamétralement opposée. Goldman Sachs a dépassé ses prévisions avec un bénéfice par action de 14,01 $ contre 11,65 $ attendu, dopé par une activité record de 4,3 milliards $ en courtage actions. Morgan Stanley a enregistré un bond de 47% dans sa banque d’investissement, tandis que BlackRock a surpris le marché avec 342 milliards $ de nouveaux actifs collectés sur trois mois, portant son encours total à 14 041 milliards $.
Cette dynamique a été récompensée par des hausses spectaculaires sur les marchés : Goldman Sachs +4,63%, BlackRock +5,93%, Morgan Stanley +5,78%. Le segment de la finance alternative et de l’asset management confirme que certains acteurs bénéficient pleinement de la reprise économique et de l’essor des marchés actions.
L’IA et les semi-conducteurs, moteurs de la croissance
Sur le front technologique, TSMC a publié un bénéfice net en hausse de 35%, battant toutes les prévisions et promettant d’investir 250 milliards de dollars aux États-Unis pour renforcer sa production de puces pour l’IA.
Cette annonce a déclenché un effet domino : Nvidia +2,1%, AMD +1,9%, Broadcom et KLA respectivement +3% à +7,7%. Les indices américains ont trouvé un soutien majeur dans le secteur des semi-conducteurs, le SOX enregistrant une hausse de 1,6%, reflétant la dépendance des marchés au leadership technologique de Taïwan et à l’essor de l’intelligence artificielle.
En Europe, la dynamique du secteur a également soutenu les indices : Soitec +3,15%, STMicroelectronics +1,02%, tandis que des entreprises néerlandaises comme ASML ou Aixtron ont enregistré des gains spectaculaires, renforçant la confiance sur les marchés continentaux.
Volatilité et contexte politique
Malgré ces succès, la volatilité reste présente. Les interventions et annonces de Trump, notamment sur la Réserve fédérale, la menace de limogeage de Jerome Powell et les mesures douanières, entretiennent une incertitude sur les marchés. Le S&P 500, bien que proche de ses sommets historiques, demeure sensible aux fluctuations liées à la politique intérieure.
Le contraste est frappant : les marchés financiers montent, portés par la solidité des résultats et l’IA, tandis que la confiance des ménages reste faible, avec des indices de consommation historiquement bas.
Un scénario américain en demi-teinte
Les données économiques récentes, comme les inscriptions au chômage à 198 000 ou l’indice manufacturier Philly Fed passant de -8,8 à +12,6 points, confirment un redressement économique vigoureux. Cependant, la prudence domine, avec des investisseurs qui prennent des profits avant la triple échéance de janvier et restent attentifs aux tensions géopolitiques, notamment au Moyen-Orient et en Asie.
Dans ce contexte, le scénario pour le premier trimestre 2026 reste favorable : la croissance américaine dépasse 3%, soutenue par des banques solides, des technologies clés et un marché des semi-conducteurs en pleine effervescence.














