En bref :
• La CSG sur les placements non réglementés grimpe de 9,2 % à 10,6 %
• Le rendement après impôts de l’assurance-vie se contracte
• Un projet d’impôt sur la fortune improductive vise les fonds en euros
• Les livrets réglementés restent protégés, contrairement aux contrats et PEA
• Le calendrier budgétaire 2026 pourrait encore modifier les seuils et modalités
L’annonce d’une fiscalité renforcée sur l’épargne place l’assurance-vie et les placements non réglementés au centre d’un débat déjà tendu. En dévoilant une hausse de la contribution sociale généralisée et un futur impôt visant le patrimoine jugé non productif, Sébastien Lecornu assume une orientation budgétaire qui heurte une partie des ménages. L’objectif affiché repose sur la stabilisation des comptes sociaux ; la perception du public, elle, s’oriente vers une contraction durable du rendement.
Une réforme budgétaire construite autour d’une hausse de CSG
Les mesures adoptées début novembre retiennent une augmentation de la CSG applicable aux placements non réglementés, portée à 10,6 %. L’imposition totale grimpe autour de 31,4 % sur les revenus financiers concernés. Ce relèvement doit générer près de 2,8 milliards d’euros annuels destinés aux comptes sociaux, un chiffre avancé comme indispensable dans la trajectoire du budget de la Sécurité sociale.
Les détenteurs de livrets réglementés, protégés par leur statut, ne voient pas leur rémunération affectée. Les contrats d’assurance-vie, les dividendes ou encore les PEA, eux, subissent directement cette fiscalité renforcée. La différence de traitement nourrit le sentiment d’un effort plus lourd porté par les épargnants les plus prudents.
Des arbitrages structurants autour d’un nouvel impôt sur la fortune improductive
Avec plus de 2 000 milliards d’euros d’encours, l’assurance-vie reste un pilier du patrimoine financier. La majorité des contrats repose encore sur des fonds en euros, prisés pour leur stabilité et leur liquidité. C’est précisément cette poche sécurisée qui se retrouve visée par un amendement transformant l’IFI en impôt sur la fortune improductive.
Les unités de compte seraient exclues du dispositif, conformément à la logique affichée. Le seuil d’entrée s’alignerait sur 1,3 million d’euros de patrimoine global. Un contrat de 20 000 ou 80 000 euros seul n’entrerait donc pas dans le champ, sauf si le reste du patrimoine dépasse le seuil. Les critiques redoutent un ciblage indirect des épargnants prudents, ceux ayant privilégié des allocations sécurisées sur le long terme.
Du côté de l’exécutif, la ligne repose sur une volonté réaffirmée : orienter davantage l’épargne vers l’économie productive tout en conservant les livrets réglementés hors du champ des mesures.
Incertitudes pour les épargnants et repositionnement des stratégies
Les projections de rendement attendues pour ce futur impôt varient fortement, entre 500 millions et 2 milliards d’euros par an. La version complète du budget 2026 doit être finalisée en décembre. Les seuils, le périmètre exact et le calendrier pourraient encore évoluer d’ici là.
Cette instabilité ralentit les arbitrages. Certains envisagent de réduire la part de fonds en euros au profit d’unités de compte, mais la volatilité reste un frein majeur. D’autres préfèrent conserver leur structure actuelle en attendant une version stabilisée du texte. Le dilemme oppose une fiscalité plus lourde sur la stabilité à une prise de risque potentiellement mieux traitée.
Les assureurs alertent sur les effets à long terme. France Assureurs estime que cette trajectoire fragilise les placements destinés à la durée, cœur historique du modèle français. Le gouvernement insiste sur la préservation des livrets réglementés, mais la confiance dans l’allocation sécurisée reste bousculée.
Les points clés à suivre dans les prochains mois
Les discussions parlementaires permettront de définir précisément les seuils et les cas limites. Les détenteurs d’assurance-vie observeront attentivement les textes d’application pour ajuster progressivement leurs allocations. La chronologie des décisions, attendue jusqu’à la fin de l’année, orientera les choix entre stratégie prudente, diversification ou maintien des positions actuelles.
Les prochains mois devraient confirmer la ligne portée par Sébastien Lecornu : un équilibre entre exigences budgétaires et visibilité pour les ménages souhaitant protéger leur patrimoine.










