En bref
• Le projet de loi de financement de la Sécurité sociale pour 2026 a été adopté à une courte majorité après deux mois de débats tendus.
• Le déficit est ramené à 24 milliards d’euros, ou 19,6 milliards après transferts de l’État, loin de l’objectif initial affiché par le gouvernement.
• Plusieurs mesures sensibles, notamment sur les arrêts de travail, restent exposées à une censure du Conseil constitutionnel.
• Le texte doit encore franchir l’examen des Sages avant sa publication officielle.
Après un ultime vote organisé mardi 16 décembre à l’Assemblée nationale, les députés ont validé définitivement le projet de loi de financement de la Sécurité sociale. Le budget de la Sécurité sociale 2026 a été adopté par 247 voix contre 232, au terme d’un parcours parlementaire marqué par des tensions continues entre les deux chambres.
Ce vote clôt une séquence législative entamée mi-octobre, durant laquelle le texte a fait l’objet de multiples réécritures. Les équilibres initiaux défendus par le gouvernement ont progressivement évolué sous l’effet des amendements parlementaires, au point de produire une version sensiblement différente du projet présenté à l’origine.
Un texte remodelé au fil des débats
Le rapporteur général du PLFSS, Thibault Bazin, a reconnu un compromis éloigné de la copie gouvernementale initiale. Selon lui, le texte final a été ajusté pour neutraliser une partie des points de friction identifiés dès les premières lectures. Une appréciation partagée par plusieurs élus, dont Paul-André Colombani, qui a souligné le poids du travail parlementaire dans l’amélioration de l’architecture budgétaire.
Ces ajustements successifs traduisent les allers-retours répétés entre l’Assemblée nationale et le Sénat. Chaque chambre a tour à tour modifié, puis détricoté, les apports de l’autre, jusqu’à l’adoption en deuxième lecture début décembre, avant un rejet sénatorial via une motion préalable.
Un déficit toujours élevé malgré les corrections
Sur le plan financier, le PLFSS 2026 acte un déficit de 24 milliards d’euros pour la Sécurité sociale. Après intégration des transferts de l’État, ce solde négatif est ramené à 19,6 milliards. Ce niveau reste sensiblement supérieur à la trajectoire initialement visée par l’exécutif, qui tablait sur 17,5 milliards d’euros au lancement du texte.
Ce décalage illustre la difficulté persistante à concilier maîtrise des dépenses sociales et arbitrages politiques dans un contexte budgétaire contraint, marqué par une pression accrue sur les comptes publics.
Le passage décisif devant le Conseil constitutionnel
Le processus législatif n’est pas encore achevé. Le texte doit désormais être examiné par le Conseil constitutionnel dans un délai d’environ huit jours. Certaines dispositions pourraient être partiellement censurées, comme cela s’est déjà produit lors de précédents exercices.
Les arrêts de travail dans le viseur
Parmi les mesures les plus exposées figure la limitation de la durée des arrêts de travail. Le texte prévoit un plafond de 30 jours pour une première prescription et de deux mois en cas de renouvellement, en ville comme à l’hôpital. Cette version représente déjà un assouplissement par rapport aux intentions initiales du gouvernement, qui envisageait des durées plus courtes pour les prescriptions réalisées hors milieu hospitalier.
Le Conseil constitutionnel s’est déjà opposé à des dispositifs comparables ces dernières années. En 2023, il avait censuré la possibilité pour un employeur de faire réexaminer un arrêt par un médecin mandaté. En 2022, la réduction de l’indemnisation des arrêts prescrits en téléconsultation avait subi le même sort.
Un signal suivi de près par les épargnants
Au-delà des débats parlementaires, l’adoption du budget social 2026 renforce le sentiment d’incertitude autour de la trajectoire des finances publiques. Les ajustements répétés, les risques de censure et l’ampleur du déficit interrogent sur la soutenabilité à moyen terme du modèle social français.
Dans ce climat, une partie des épargnants s’intéresse de plus en plus aux stratégies de diversification hors du système bancaire classique. L’or et l’argent physiques, sous forme de lingots ou de pièces, figurent parmi les options privilégiées pour sécuriser une fraction de l’épargne, réduire l’exposition aux décisions budgétaires et conserver un actif tangible indépendant des circuits financiers traditionnels.












