En bref
- Le projet de loi de financement de la Sécurité sociale pour 2026 a été adopté à une courte majorité après deux mois de débats tendus.
- Le déficit attendu atteint 24 milliards d’euros, ramené à 19,6 milliards après transferts de l’État.
- Plusieurs mesures sensibles ont été écartées, dont le doublement et l’élargissement des franchises médicales.
- Le texte doit encore être examiné par le Conseil constitutionnel avant sa publication officielle.
Un vote final acquis de justesse après deux mois de tensions
Mardi 16 décembre, l’Assemblée nationale a validé définitivement le projet de loi de financement de la Sécurité sociale pour 2026. Le scrutin s’est joué à quinze voix près : 247 députés favorables, 232 opposés. Ce résultat met un terme à un parcours parlementaire marqué par des échanges âpres et des réécritures successives entre les deux chambres.
Thibault Bazin, rapporteur général du texte, a salué une version largement remaniée par le travail parlementaire, estimant que les principales sources d’inquiétude avaient été atténuées. Paul-André Colombani a, de son côté, mis en avant une amélioration nette par rapport au projet initial présenté par le gouvernement.
Un déficit social plus élevé qu’espéré
Le texte adopté prévoit un déficit de la Sécurité sociale fixé à 24 milliards d’euros. Après intégration des transferts de l’État, ce solde négatif serait ramené à 19,6 milliards. Lors de la présentation initiale, l’exécutif visait un niveau plus bas, proche de 17,5 milliards. Les arbitrages successifs ont limité les économies attendues, tout en conservant plusieurs dispositifs existants jugés sensibles sur le plan social.
Un dernier filtre institutionnel avant l’entrée en vigueur
Avant sa promulgation au Journal officiel, le PLFSS 2026 sera examiné par le Conseil constitutionnel. Cette étape, attendue dans un délai d’environ huit jours, pourrait conduire à la censure partielle de certaines dispositions. Plusieurs précédents montrent que ce contrôle peut modifier l’équilibre final du texte.
Franchises médicales : le recul du gouvernement
Parmi les points les plus scrutés figure la question des franchises médicales. Le gouvernement a renoncé au projet de doublement des montants et des plafonds, préparé par voie réglementaire durant l’été. Les franchises correspondent aux sommes prélevées sur les remboursements de médicaments, de soins paramédicaux ou de transports sanitaires. Des participations forfaitaires s’appliquent aussi aux consultations médicales et aux examens d’imagerie ou de biologie.
L’exécutif envisageait également d’étendre ce mécanisme aux soins dentaires et aux dispositifs médicaux, comme les lunettes ou certains équipements de soin. Cette orientation a été écartée lors des débats parlementaires et n’a pas été réintroduite par la suite.Mot-clé principalBudget de la Sécurité sociale 2026
Une vigilance accrue sur la trajectoire financière
La version finale du budget traduit une recherche d’équilibre délicate entre maîtrise des dépenses et maintien des protections sociales. Les ajustements opérés illustrent la difficulté de contenir durablement le déficit social dans un contexte de vieillissement démographique et de dépenses de santé dynamiques.
Épargne et diversification hors système bancaire
Face à l’instabilité des finances publiques et à l’évolution des prélèvements sociaux, certains épargnants s’orientent vers des actifs tangibles. L’or et l’argent physiques, qu’il s’agisse de lingots ou de pièces, restent utilisés comme outils de diversification patrimoniale. Cette approche vise une forme de débancarisation partielle et une sécurisation de l’épargne sur le long terme, indépendante des décisions budgétaires annuelles.












