Avant d’entrer dans le détail, voici les points clés à retenir :
- +50 € par an en moyenne sur les factures d’électricité ou de gaz dès le 1er janvier 2026
- Hausse liée à l’évolution des CEE, un dispositif créé en 2005 pour financer la transition énergétique
- Les fournisseurs d’énergie (EDF, Engie, TotalEnergies…) sont les principaux concernés, mais certains répercutent partiellement les coûts
- Les contrats à prix fixe ne seront pas impactés
- Un débat politique intense : taxe cachée ou outil indispensable pour la transition ?
Un dispositif au cœur de la polémique : les CEE, une “taxe cachée” ?
Difficile d’y échapper : les certificats d’économies d’énergie (CEE) font la une depuis que Jordan Bardella, président du Rassemblement national, a dénoncé une « agression fiscale » qui entraînerait une hausse de 2 milliards d’euros des prix de l’énergie en 2026.
Selon lui, le renforcement du dispositif va renchérir le carburant, le fioul, le gaz et l’électricité. Un message qui a immédiatement fait réagir le ministre de l’Économie, Roland Lescure, dénonçant une « désinformation totale » :
« Les CEE ne sont ni des taxes ni des impôts […] Ce sont des contributions des énergéticiens à la transition écologique. »
Le ton est donné. La bataille politique s’ajoute à un sujet déjà sensible : la facture énergétique des Français.
Les CEE : comment ça marche, et pourquoi ça augmente ?
Créés en 2005, les CEE reposent sur un principe simple :
👉 les fournisseurs d’énergie doivent financer des actions d’efficacité énergétique (rénovation, isolation, aides aux ménages modestes, mobilité électrique…).
On parle ici du principe du pollueur-payeur : ce ne sont pas les ménages qui sont ciblés, mais EDF, Engie, TotalEnergies, les vendeurs de carburants, etc.
Ce qui change au 1er janvier 2026 :
- le volume total d’économies d’énergie imposé aux fournisseurs augmente de +27 %
- l’enveloppe globale passe de 6 milliards € en 2025 à plus de 8 milliards € en 2026
- les énergéticiens doivent contribuer davantage pour financer la transition
Si, en théorie, ces obligations ne visent pas les consommateurs, dans la pratique certains fournisseurs répercutent une partie du coût sur les factures.
+50 € par an sur les factures : qui est concerné ?
Selon les informations de France Inter et de plusieurs sources proches du dossier, une partie des Français verra sa facture augmenter d’environ 50 € par an.
Sont concernés :
- les clients d’EDF
- les clients d’Engie
- les clients de fournisseurs alternatifs
- les contrats non à prix fixe
Ne sont pas concernés :
- les contrats à prix fixe
- certains fournisseurs qui ont décidé de ne pas répercuter la hausse (pour l’instant)
Et pour le carburant, le ministère estime que l’impact serait de 4 à 6 centimes par litre — un sujet explosif, d’où l’appel du gouvernement à la “responsabilité” des pétroliers.
Une hausse qui passe mal auprès des associations de consommateurs
L’UFC-Que Choisir dénonce une opacité totale :
- aucune ligne CEE n’apparaît sur la facture
- impossible pour un client de savoir ce qu’il paye réellement
- impossible de vérifier l’évolution sur plusieurs mois ou années
La spécialiste Clarisse Berger parle même d’une « stratégie commerciale floue » selon les fournisseurs, et demande un plafonnement de ces hausses.
Une mesure nécessaire pour la transition… mais douloureuse à court terme
Pour le gouvernement, les CEE sont indispensables pour atteindre les objectifs de neutralité carbone :
- réduction des déperditions d’énergie
- financement des travaux d’isolation
- soutien aux ménages modestes
- développement de la mobilité électrique
Le ministère souligne que la grande majorité des fournisseurs ne répercute qu’une petite partie des coûts.
Mais la réalité pour les ménages est plus simple :
➡️ la facture grimpe.
Même de 50 €, dans un contexte d’inflation, l’impact reste sensible.
Faut-il craindre d’autres hausses ?
Les experts énergétiques rappellent que :
- le dispositif CEE est réévalué tous les cinq ans
- les obligations vont probablement augmenter à nouveau d’ici 2030
- la transition énergétique nécessite des investissements gigantesques
Pour certains, la hausse actuelle n’est que la première d’une longue série.
Pour le gouvernement, au contraire, l’objectif est de réduire les factures à long terme grâce aux économies d’énergie financées par les CEE.
Une hausse immédiate pour financer des économies futures
Les certificats d’économies d’énergie cristallisent un débat :
- outil indispensable pour accélérer la transition, selon l’État
- taxe déguisée, selon l’opposition
- coût mal expliqué, selon les associations de consommateurs
Une chose est sûre :
👉 les factures de gaz et d’électricité augmenteront pour une partie des Français dès le 1er janvier 2026, d’environ 50 € par an.
Le débat, lui, ne fait probablement que commencer.











