Reflux technique de l’euro après un pic de dix semaines
Le taux de change EUR/USD a amorcé une correction en ce début de séance européenne, revenant vers 1,1735, après avoir atteint un sommet de dix semaines. Ce recul s’explique par le rebond du dollar américain, soutenu par une pause relative sur les marchés à la suite des annonces de la Réserve fédérale.
Le positionnement spéculatif autour du billet vert reste instable. Si la devise américaine a repris quelques couleurs, elle demeure sous pression dans un contexte monétaire où les investisseurs anticipent plusieurs baisses de taux de la Fed en 2026. Cette perspective modère l’ampleur du rebond.
Une Fed divisée, un calendrier monétaire incertain
La Fed a abaissé son taux directeur de 25 points de base, le ramenant dans une fourchette de 3,50 % à 3,75 %, marquant ainsi sa troisième baisse cette année. Toutefois, le comité n’a pas dégagé de consensus clair. Plusieurs membres ont exprimé leur désaccord, reflétant des divergences internes sur la conduite future de la politique monétaire.
Les commentaires du président Jerome Powell ont été jugés moins offensifs que prévu. Cette posture a entraîné un repli du dollar dans les jours précédents, favorisant temporairement l’euro.
Par ailleurs, des interrogations émergent sur l’indépendance de la Fed à l’approche d’un éventuel changement à sa tête. Kevin Hassett, proche conseiller économique de l’administration Trump, reste pressenti pour succéder à Powell, avec une orientation monétaire plus accommodante.
La BCE campe sur ses positions malgré l’environnement tendu
Du côté européen, les signaux restent mesurés. La présidente de la BCE, Christine Lagarde, a réaffirmé que la politique actuelle était « en bonne position », excluant pour l’instant tout ajustement immédiat.
Cette ligne a été appuyée par François Villeroy de Galhau et Gediminas Simkus, membres du Conseil des gouverneurs, qui estiment que ni une hausse ni une baisse de taux ne s’imposent dans l’immédiat.
La publication finale de l’indice des prix harmonisé (HICP) en Allemagne pourrait cependant influencer les anticipations de marché, notamment si les données infléchissent les prévisions inflationnistes.
Les prochaines déclarations de la Fed sous surveillance
Les prochaines heures seront rythmées par les prises de parole de Beth Hammack (Cleveland Fed) et Austan Goolsbee (Chicago Fed). Si leurs interventions laissent entrevoir une ligne plus restrictive, cela pourrait freiner la faiblesse du dollar et accentuer la pression sur l’euro.
Les arbitrages sur le marché des changes restent étroitement liés à ces prises de position. En toile de fond, les opérateurs continuent d’évaluer les risques géopolitiques, les projections de croissance et l’évolution des conditions financières globales.









