La publication du prix repère du gaz pour janvier 2026 par la Commission de régulation de l’énergie (CRE) introduit un paradoxe tarifaire. Alors que le coût de l’énergie consommée diminue légèrement, la facture finale des abonnés progresse. Cette évolution tient à un rééquilibrage marqué entre la part variable et la part fixe du tarif, au détriment des foyers.
Le prix repère du gaz, nouvelle boussole tarifaire
Depuis la disparition des tarifs réglementés à l’été 2023, la CRE diffuse chaque mois un prix repère servant de référence au marché. Ce cadre indicatif n’impose rien aux fournisseurs, mais influence directement leurs grilles tarifaires. Les consommateurs sont ainsi invités à s’y référer pour comparer les offres et mesurer l’évolution réelle des coûts.
La facture repose désormais sur deux éléments distincts :
- le prix du kWh, indexé sur la consommation réelle,
- l’abonnement, facturé de manière fixe chaque année.
Une baisse modérée du prix du kWh en janvier 2026
Pour le début de l’année 2026, la CRE acte une légère détente du prix du kWh.
- Usage chauffage : 0,10192 €/kWh, contre 0,10282 € précédemment
- Usage cuisson et eau chaude : 0,13249 €/kWh, contre 0,13401 €
Ce mouvement s’inscrit dans une trajectoire baissière amorcée depuis plusieurs mois, soutenue par le recul du coût d’approvisionnement sur les marchés. Entre décembre 2025 et janvier 2026, ce coût passe de 31,44 € à 30,09 € le MWh, selon les données de la CRE.
L’abonnement, principal moteur de la hausse
La baisse du prix du kWh ne suffit pas à compenser l’augmentation de la part fixe. L’abonnement annuel progresse sensiblement :
- Usage cuisson/eau chaude : de 134,14 € à 147,24 €
- Usage chauffage : de 330,80 € à 343,90 €
La hausse atteint 13,10 € par an dans les deux cas. Elle résulte d’une révision méthodologique opérée par la CRE, intégrant une actualisation des coûts commerciaux ainsi qu’une nouvelle contribution destinée au financement de la production de biogaz.
Cette évolution s’ajoute à celle d’août dernier, lorsque le relèvement du taux de TVA avait déjà provoqué une augmentation marquée de l’abonnement.
Les petits consommateurs en première ligne
La recomposition tarifaire affecte différemment les profils d’usage. Les très gros consommateurs, notamment industriels, peuvent absorber la hausse de l’abonnement grâce à la baisse du kWh. Pour les ménages, l’équation est nettement moins favorable.
Un foyer utilisant le gaz uniquement pour la cuisson et l’eau chaude, avec une consommation annuelle de 850 kWh, économise à peine 1,29 € sur sa consommation annuelle. Cette économie reste marginale face à l’augmentation de l’abonnement, qui dépasse dix euros.
Une pression fiscale supplémentaire en perspective
Au-delà des ajustements tarifaires, la fiscalité pourrait encore peser sur la facture en 2026. Lors de l’examen du projet de loi de finances au Sénat, un amendement visant à renforcer la taxation du gaz naturel a été adopté. Selon les premières estimations, le surcoût annuel pour les ménages chauffés au gaz pourrait s’étendre de 12 à 80 €, selon les niveaux de consommation.









