En bref
À 48 heures de la prochaine réunion du FOMC, les marchés évoluent dans une ambiance de prudence mêlée d’attente. Les investisseurs anticipent largement une nouvelle baisse des taux directeurs américains de 25 points de base, ce qui constituerait une troisième détente consécutive. Dans le même temps, les pourparlers de paix en Ukraine entrent selon l’émissaire américain dans leurs « 10 derniers mètres », une phase finale centrée sur les questions hautement sensibles du Donbass et de la centrale nucléaire de Zaporijjia. Ces deux dynamiques, monétaire et géopolitique, pourraient remodeler les tendances de marché pour la fin 2025 et le début 2026.
La Fed au centre de toutes les attentes
Les marchés obligataires, actions et devises ont déjà intégré un fort scénario :
- une baisse de 25 pb,
- un taux directeur repositionné autour de 3,50–3,75 %,
- et un discours globalement accommodant, mais prudent.
Ce qui fera la différence n’est pas la décision en elle-même, mais le message de Jerome Powell et le dot plot, qui dévoile la trajectoire anticipée des taux pour les années à venir.
Les éléments que les investisseurs surveillent de près :
- La dynamique de l’inflation : le PCE reste en décélération, un point essentiel pour justifier une troisième baisse consécutive.
- Le marché du travail : ralentissement des embauches, hausse des licenciements… autant de signaux interprétés comme le début d’un assouplissement économique.
- Les conditions financières : leur resserrement depuis l’été oblige la Fed à agir pour ne pas freiner trop brutalement l’activité.
Dans ce contexte, les probabilités d’une baisse de 25 pb ont dépassé les 80 % selon les outils de pricing des marchés financiers.
Un marché entre opportunisme et vigilance
Les grands indices, en Europe comme aux États-Unis, évoluent dans un couloir de volatilité faible, signe d’un consensus fragile.
Deux attitudes se dessinent clairement :
- Les opportunistes, qui voient dans la baisse des taux un potentiel soutien pour
- les petites capitalisations,
- l’immobilier,
- les valeurs industrielles sensibles au coût du crédit.
- Les prudents, qui choisissent de
- sécuriser leurs profits,
- se repositionner sur des actifs défensifs,
- ou attendre les signaux post-conférence de la Fed.
À retenir : ce n’est pas tant la baisse du taux directeur qui compte, mais la narration (inflation, croissance, risques) qui accompagnera cette décision.
Ukraine : un potentiel tournant géopolitique
Pendant que les marchés se concentrent sur la Fed, un autre dossier pourrait déplacer les lignes : les avancées des négociations de paix en Ukraine.
Deux points clés dominent les discussions :
- Le Donbass, territoire hautement stratégique et politiquement déterminant pour toute solution durable.
- La centrale de Zaporijjia, dont la sécurité reste un enjeu majeur pour la stabilité de la région.
L’émissaire américain évoque des pourparlers « dans les 10 derniers mètres », laissant entendre que les discussions entrent dans une phase critique.
Pourquoi les marchés s’y intéressent-ils autant ?
Parce qu’une résolution même partielle de ce conflit :
- réduirait la prime de risque géopolitique pesant sur les marchés européens ;
- pourrait stabiliser les prix de l’énergie ;
- favoriserait une reprise plus claire des échanges commerciaux ;
- diminuerait les risques structurels autour de la sécurité nucléaire.
À l’inverse, un blocage final raviverait l’incertitude et la volatilité.
Semaine chargée : les autres éléments à suivre
Même si la Fed capte l’essentiel de l’attention, d’autres indicateurs auront leur importance dans la lecture du marché :
En zone euro
- Production industrielle allemande : un signal avancé de la dynamique du cœur industriel européen.
- Sentix : une mesure du moral des investisseurs de la zone euro.
Aux États-Unis
- Balance commerciale : utile pour anticiper le flux de devises et la dynamique du dollar.
- Premières publications trimestrielles de grands groupes tech et industriels.
Ces données, combinées au discours de la Fed, permettront d’avoir une vision plus complète de la tendance économique pour les prochains mois.
Une fin d’année qui prépare la trajectoire 2026
Les marchés ne se contentent plus d’interpréter l’actualité : ils projetent déjà 2026, année où la Fed pourrait :
- stabiliser les taux,
- ou enclencher un cycle encore plus accommodant,
selon l’évolution de l’inflation et de la croissance mondiale.
Dans ce contexte, les investisseurs se préparent à adapter :
- leur allocation obligataire,
- leur exposition aux actions américaines,
- leur couverture contre le dollar,
- et leurs positions sur les matières premières.
Ce qu’il faut retenir
À deux jours de la décision de la Fed, les marchés retiennent leur souffle. La baisse des taux de 25 pb est très probable, mais le discours de Jerome Powell sera l’élément déterminant pour comprendre la trajectoire économique de 2026. En parallèle, les pourparlers de paix en Ukraine pourraient connaître une avancée historique, modifiant profondément la structure du risque géopolitique en Europe. Dans ce double contexte, les investisseurs doivent équilibrer prudence et opportunités, renforcer leur analyse et suivre de près les signaux envoyés par les banques centrales et la scène internationale.









