En bref
- La Banque centrale européenne devrait laisser ses taux inchangés pour la quatrième fois consécutive.
- Les nouvelles projections macroéconomiques sur la croissance et l’inflation concentrent l’attention des investisseurs.
- Christine Lagarde devrait rester prudente lors de sa conférence de presse.
- L’euro évolue avec un biais haussier face au dollar, soutenu par la faiblesse du billet vert.
La Banque centrale européenne entame la dernière réunion monétaire de l’année avec un scénario largement intégré par les marchés. Sauf surprise, les taux directeurs resteront inchangés pour la quatrième réunion consécutive, après les baisses décidées en juin sur les principales facilités. Le taux de refinancement principal demeure à 2,15 %, celui de la facilité de prêt marginal à 2,4 %, tandis que le taux de dépôt s’établit à 2 %.
Au-delà de la décision elle-même, les opérateurs attendent surtout la publication de nouvelles projections macroéconomiques. Les perspectives de croissance et d’inflation servent de boussole pour anticiper la trajectoire monétaire des prochains trimestres. La conférence de presse de Christine Lagarde complétera ce tableau, sans que de nouvelles orientations majeures ne soient attendues.
Une politique monétaire jugée proche de l’équilibre
La BCE figure parmi les premières banques centrales à avoir réduit ses taux afin d’atteindre un niveau qualifié de neutre. Christine Lagarde répète que la politique monétaire se situe dans une zone cohérente avec l’environnement économique actuel, tout en conservant une approche fondée sur les données. Chaque réunion reste ouverte à des ajustements, sans trajectoire figée à l’avance.
Les indicateurs récents soutiennent cette posture. L’économie de la zone euro montre une résistance notable malgré des vents contraires persistants. L’inflation a dépassé certaines attentes, tout en restant contenue. En novembre, l’indice des prix à la consommation harmonisé affichait une progression annuelle de 2,1 %, alors que l’inflation sous-jacente stagnait à 2,4 %.
Projections économiques au cœur des attentes
Avec un statu quo monétaire probable et un discours mesuré de la présidente de la BCE, les investisseurs analysent les nouvelles projections. Par rapport aux estimations de septembre, la croissance et l’inflation ont surpris par leur vigueur relative. L’inflation actuelle ne suscite pas d’alerte immédiate, ce qui ouvre la voie à des ajustements techniques des prévisions.
Les anticipations tablent sur une révision à la hausse de l’inflation pour l’année en cours, suivie d’estimations plus modérées sur l’horizon des deux prochaines années. Les chiffres de croissance pourraient aussi être ajustés, malgré des données conjoncturelles encore fragiles.
Activité économique : des signaux contrastés
Les dernières enquêtes PMI de Hamburg Commercial Bank montrent une dynamique toujours modeste à l’échelle de la zone euro. Décembre a marqué un cycle annuel complet d’expansion de l’activité, une première depuis la période post-pandémique. La progression reste lente et l’expansion de la production figure parmi les plus faibles observées ces derniers mois. Les révisions du PIB fourniront donc un signal clé sur la solidité réelle de la reprise.
Les marchés à l’affût d’un biais plus ferme
Les flux spéculatifs surveillent la tonalité des responsables monétaires. Une posture ferme réduisant la probabilité de nouvelles baisses de taux soutiendrait les rendements obligataires. BNP Paribas estime que les projections confirmeront une amélioration de la croissance attendue pour 2026, tout en repoussant l’hypothèse d’un nouvel assouplissement. La banque évoque même un possible relèvement de taux à l’horizon du troisième trimestre 2027, dans un contexte de politique budgétaire plus expansionniste en Allemagne. Cette configuration pourrait propulser le rendement du Bund à dix ans au-delà de 3 % au second semestre 2026.
Quel impact sur la paire eur/usd ?
À l’approche de la décision, la paire EUR/USD conserve une orientation légèrement haussière, portée surtout par la faiblesse du dollar américain. Une communication ferme de la BCE favoriserait l’euro, alors qu’un message plus accommodant exercerait une pression baissière.
D’un point de vue technique, l’évolution reste dépendante de la demande de dollars. L’euro manque actuellement de catalyseurs autonomes, ce qui limite l’impact potentiel de la réunion. Un franchissement de la résistance située autour de 1,1800 ouvrirait la voie à un retour vers le sommet annuel proche de 1,1920. Les zones de soutien se situent vers 1,1690 puis entre 1,1620 et 1,1640, niveaux susceptibles d’attirer des acheteurs à court terme.









