En bref
– La Banque d’Angleterre doit annoncer sa dernière décision monétaire de 2025.
– Les marchés anticipent une baisse du taux directeur de 4 % à 3,75 %.
– Le chômage progresse au Royaume-Uni tandis que l’inflation ralentit plus vite que prévu.
– La livre sterling a déjà réagi négativement après la publication des chiffres d’inflation.
– Le vote interne du comité monétaire sera scruté de près pour jauger la suite du cycle de baisse des taux.
La Banque d’Angleterre s’apprête à rendre sa dernière décision de politique monétaire de l’année, dans un contexte économique de plus en plus contraint. Le rendez-vous est fixé à jeudi à 12h00 GMT, avec une attente désormais largement partagée sur les marchés financiers.
Les investisseurs intègrent un ajustement de 25 points de base, qui ramènerait le taux directeur de 4 % à 3,75 %. Andrew Bailey ne tiendra pas de conférence de presse, mais le compte rendu de la réunion du comité monétaire offrira une lecture détaillée des arbitrages internes.
Une décision sous tension au sein du comité monétaire
Les précédentes réunions ont mis en lumière des divergences persistantes entre les membres du comité. Lors de la séance de novembre, le maintien du taux avait reposé sur un équilibre parfait des votes, le gouverneur ayant tranché en faveur du statu quo.
À cette période, la priorité affichée restait la lutte contre une inflation jugée encore trop élevée, malgré le risque de fragilisation de l’activité et de la consommation. Les données publiées depuis pourraient modifier cet équilibre fragile.
Inflation en repli et marché du travail dégradé
Les chiffres d’inflation publiés mercredi ont marqué un tournant. L’indice des prix à la consommation a progressé de 3,2 % sur un an en novembre, contre 3,6 % en octobre et 3,8 % en septembre, porté par un net ralentissement des prix alimentaires.
Le marché du travail envoie également des signaux préoccupants. Le taux de chômage atteint désormais 5,1 %, un sommet depuis près de cinq ans. La progression des salaires ralentit, avec une hausse de 4,7 % sur trois mois à fin octobre, inférieure aux rythmes observés précédemment.
Une croissance britannique sous pression
L’activité économique confirme ce tableau plus sombre. Le produit intérieur brut s’est contracté pour le deuxième mois consécutif en novembre, pénalisé par la faiblesse des services et du secteur de la construction. La croissance du troisième trimestre ressort à 0,2 %, contre 0,3 % au trimestre précédent.
Les indices PMI préliminaires de décembre apportent un léger répit, avec une amélioration de l’activité dans l’industrie et les services. Ces données limitent le risque d’un décrochage brutal, sans suffire à infléchir la trajectoire monétaire attendue.
GBP/USD sous la menace d’un signal accommodant
Dans ce contexte, le scénario central reste une baisse du taux directeur à 3,75 % pour soutenir une économie en perte de vitesse. L’attention des cambistes se portera sur la répartition des votes au sein du comité.
Un basculement plus marqué en faveur de l’assouplissement monétaire serait interprété comme un signal favorable à de nouvelles baisses, au détriment de la livre sterling. À l’inverse, un comité toujours divisé, avec Andrew Bailey contraint d’arbitrer une nouvelle fois, limiterait les anticipations d’un cycle prolongé.
Sur le plan technique, la paire GBP/USD évolue sous pression après le repli déclenché par la surprise baissière sur l’inflation. Les zones situées autour de 1,3280 puis 1,3180 constituent des seuils de surveillance immédiats. À la hausse, la zone des 1,3400 puis 1,3455 reste déterminante pour inverser la dynamique actuelle, dans un environnement marqué par la faiblesse généralisée du dollar américain.









