En bref
Les Bourses européennes ont terminé la semaine sans grande orientation, entre prudence et nervosité. Les investisseurs attendent la réunion de la Réserve fédérale américaine (Fed) prévue mercredi, dont la décision sur les taux directeurs pourrait impacter durablement les marchés. Les rendements obligataires continuent de grimper, alimentant l’incertitude sur la trajectoire des marchés actions et sur les perspectives économiques globales.
Une séance européenne atone
Lundi, le CAC 40 a perdu 0,08% à 8.108,43 points, tandis que le Dax à Francfort a progressé légèrement de 0,07% et que le FTSE 100 à Londres reculait de 0,23%. Les volumes échangés sont restés faibles, les acteurs de marché préférant la prudence face aux annonces imminentes de la Fed.
- CAC 40 (Paris) : -0,08% à 8.108,43 points
- Dax (Francfort) : +0,07%
- FTSE 100 (Londres) : -0,23%
La semaine s’annonce chargée pour les investisseurs, avec plusieurs banques centrales en action :
- Réunion de la Fed aux États-Unis
- Décisions attendues de la BCE, de la Banque d’Angleterre, de la Banque du Canada et de la Banque nationale suisse
Les perspectives de la Fed au cœur des inquiétudes
La Fed est attendue pour une baisse de 25 points de base, mais l’incertitude règne quant à la trajectoire future des taux. Les membres du FOMC sont divisés, et la succession éventuelle de Jerome Powell par Kevin Hassett pourrait influencer la politique monétaire américaine en 2026.
« Nous anticipons une baisse des taux, mais il semble y avoir un désaccord au sein de la Fed concernant les perspectives économiques actuelles et le rythme approprié de l’assouplissement monétaire à venir », explique JoAnne Bianco, stratège chez BondBloxx Investment Management.
Les rendements obligataires reflètent cette prudence :
- Bund allemand 10 ans : 2,8675%, +6,7 points de base
- OAT française 10 ans : 3,5915%, +5,8 points de base
- Treasury américain 10 ans : 4,1839%, +4,5 points de base
Les tensions sur les taux sont amplifiées par :
- Les inquiétudes sur les finances publiques mondiales
- La perspective de hausses des taux au Japon et au Canada
- La prudence de la BCE face à la reprise économique européenne
Focus sur les valeurs et secteurs
Certaines actions européennes ont connu des mouvements notables :
- Renault : +1,79% grâce à un partenariat stratégique avec Ford
- Stellantis : +0,08%, peu impacté par un partenariat avec Bolt pour la mobilité autonome
- Air France-KLM : -8,16% suite à l’annonce d’une émission obligataire remboursable en actions par CMA CGM
- Thyssenkrupp : -10,19%, prévision de perte nette en 2026 dans la sidérurgie
- British American Tobacco : -4,40% avec un chiffre d’affaires prévu dans le bas de sa fourchette
Les secteurs porteurs :
- Technologie : Nvidia autorisé à exporter ses puces H200 vers la Chine
- Défense : +1,09%, commandes militaires record en Allemagne
- Énergies renouvelables : +3,6%, décision fédérale américaine favorable aux projets éoliens
Marchés internationaux : prudence généralisée
Wall Street
- Dow Jones : -0,32%
- S&P 500 : -0,33%
- Nasdaq Composite : -0,22%
Les investisseurs attendent les résultats de Broadcom et Oracle, jugés clés pour mesurer l’attrait pour l’IA.
Asie
- Tokyo Nikkei : +0,14%
- SSE Composite Shanghai : -0,37%
- CSI 300 : -0,51%
La Chine maintient sa politique de stimulation économique, mais la prudence reste de mise sur les marchés asiatiques.
Changes et pétrole
- Dollar : +0,18% face à un panier de devises
- Euro : -0,15% à 1,1625 USD
- Brent : -1,29% à 62,93 USD le baril
- WTI : -1,31% à 59,29 USD
Les investisseurs surveillent à la fois les négociations en Ukraine et les décisions de la Fed.
Ce qu’il faut retenir
Les marchés européens oscillent dans l’incertitude en attendant la Fed. Si la baisse des taux est largement anticipée, la division des membres du FOMC et l’éventuelle nomination de Kevin Hassett introduisent des risques de volatilité.
Les rendements obligataires restent élevés, reflétant les inquiétudes sur la politique monétaire mondiale et sur les finances publiques. Côté actions, les secteurs technologie, défense et énergies renouvelables tirent leur épingle du jeu, tandis que certaines valeurs, comme Air France-KLM et Thyssenkrupp, souffrent de décisions stratégiques ou de prévisions pessimistes.
Globalement, la prudence domine : les investisseurs européens restent attentifs aux indications des banques centrales, aux résultats financiers américains et aux risques géopolitiques. Cette semaine pourrait dessiner la trajectoire des marchés pour les prochains mois, entre assouplissement limité et volatilité persistante.









