En bref
En 2025, la Chine a franchi un cap historique avec un excédent commercial de 1.080 milliards de dollars, selon l’administration des Douanes. Malgré la forte baisse des exportations vers les États-Unis, les livraisons vers le reste du monde ont largement compensé cette contraction. Cette performance reflète la capacité d’adaptation de la Chine face au protectionnisme américain et aux tensions géopolitiques, tout en maintenant les exportations comme moteur clé de l’économie nationale.
Une diversification géographique salvatrice
Face à la contraction des ventes vers les États-Unis, la Chine a redoublé d’efforts pour renforcer ses échanges avec d’autres régions. L’Asie du Sud-Est est devenue un partenaire crucial :
- Croissance des exportations vers les six principales économies de la région : 23,5 %, passant de 330 à 407 milliards de dollars.
- Jusqu’à 60 % des exportations destinées à la fabrication de produits finis pour d’autres marchés.
- Domination dans le secteur des biens de consommation, notamment l’automobile, avec les véhicules bon marché de BYD qui concurrencent Toyota, Honda et Nissan.
Cette diversification montre que la Chine réduit sa dépendance au marché américain tout en consolidant sa position dans les économies émergentes.
Des performances supérieures aux prévisions
En novembre 2025, les exportations ont progressé de 5,9 % sur un an, dépassant les attentes de 4 % des analystes. Cette embellie suit une contraction de 1,1 % en octobre, liée à un regain des tensions commerciales avec les États-Unis. Les importations, elles, ont augmenté de 1,9 %, reflétant une consommation intérieure encore fragile.
Zhiwei Zhang, président et économiste en chef chez Pinpoint Asset Management, explique que :
- Le rebond des exportations atténue la faiblesse de la demande intérieure.
- La dynamique économique du quatrième trimestre est ralentie par le secteur immobilier et le chômage des jeunes.
- La Chine reste dépendante de ses exportations pour soutenir sa croissance.
Protectionnisme et tensions commerciales
L’année 2025 a été marquée par une guerre commerciale sino-américaine, avec des droits de douane américains atteignant près de 47 % sur certains produits chinois. Pour y faire face :
- Pékin a intensifié ses échanges avec l’Asie du Sud-Est, où les droits de douane sont autour de 19 %.
- Un sommet entre Donald Trump et Xi Jinping le 30 octobre en Corée du Sud a permis un apaisement temporaire des tensions.
- En Europe, Emmanuel Macron a averti que des droits de douane européens pourraient être appliqués si la Chine ne réduit pas son déficit commercial avec l’UE.
Malgré ces tensions, la Chine reste le premier partenaire commercial de l’Allemagne, devant les États-Unis.
L’exportation, moteur central de l’économie chinoise
Les exportations demeurent le pilier de la croissance chinoise :
- Excédent commercial de 1.080 milliards de dollars entre janvier et novembre 2025.
- Mois de novembre seul : 111,68 milliards de dollars d’excédent.
- Exportations vers les États-Unis : 33,8 milliards de dollars, en baisse par rapport à 47,3 milliards l’an dernier.
Les exportations compensent la faible consommation domestique, la crise immobilière prolongée, le vieillissement de la population et le chômage élevé des jeunes.
Ce qu’il faut retenir
- La Chine a franchi pour la première fois le seuil des 1.000 milliards de dollars d’excédent commercial.
- La baisse des exportations vers les États-Unis a été largement compensée par les marchés asiatiques et le reste du monde.
- Le pays montre une adaptation stratégique face au protectionnisme américain et aux tensions géopolitiques.
- Les exportations restent le moteur principal de la croissance, malgré une consommation intérieure encore faible.
L’excédent commercial record illustre à la fois la force des exportations chinoises et les défis géopolitiques à venir, en particulier avec l’UE et les États-Unis, qui continueront d’influencer les flux commerciaux dans les années à venir.









