En bref
- Brandt, dernier fabricant français de gros électroménager, a été placé en liquidation judiciaire.
- Le Gifam déplore la perte d’un pan du patrimoine industriel français.
- Le gouvernement assure qu’une solution post-liquidation reste possible.
- La fermeture impacte 700 emplois et soulève un débat sur la souveraineté industrielle.
Une décision judiciaire qui secoue le secteur
Le tribunal des affaires économiques de Nanterre a ordonné la liquidation judiciaire du groupe Brandt, signant la fin du dernier fabricant français de gros électroménager doté de deux usines sur le territoire. Cette décision provoque une onde de choc dans le secteur, tant du point de vue industriel qu’économique. La fermeture de Brandt entraîne la suppression de 700 emplois, aggravant une tendance à la désindustrialisation dénoncée depuis plusieurs années.
Le Groupement des marques d’appareils pour la maison (Gifam) a immédiatement exprimé sa consternation. La fédération, qui regroupe une cinquantaine de fabricants, regrette la disparition de ce qu’elle qualifie de « partie du patrimoine industriel français ».
L’exécutif entre prudence et volonté d’action
Moins de vingt-quatre heures après l’annonce, le gouvernement se montre déterminé à ne pas laisser l’entreprise disparaître sans réaction. Le ministre de l’Industrie, Sébastien Martin, et son homologue chargé du Commerce et des PME, Serge Papin, ont indiqué qu’une solution post-liquidation pourrait être envisagée.
Lors d’une intervention sur TF1, Sébastien Martin a exprimé son « incompréhension » face à la décision judiciaire et insisté sur la nécessité de proposer un nouveau projet industriel. L’exécutif semble ainsi vouloir trouver un équilibre entre respect des décisions de justice et préservation de la souveraineté industrielle française.
Une critique acerbe de la gestion industrielle
Plusieurs analystes et responsables syndicaux dénoncent un modèle économique incohérent qui fragilise les fleurons industriels nationaux. Selon Rémi Godeau, chroniqueur économique, la liquidation de Brandt n’est pas uniquement imputable aux actionnaires ou aux banques : la véritable responsabilité repose sur des politiques publiques contradictoires, telles que l’instabilité législative et l’incertitude sur les aides industrielles.
« Nos dirigeants orchestrent l’instabilité législative, renient les promesses sur les impôts de production, et multiplient les amendements punitifs. Le résultat est clair : Brandt ferme, et notre patrimoine industriel s’érode », souligne Godeau.
La voix des syndicats et le spectre de la désindustrialisation
Face à cette situation, la CGT réclame l’ouverture d’une cellule de crise nationale pour freiner la vague de fermetures et limiter l’impact sur l’emploi. La secrétaire générale, Sophie Binet, rappelle que dès 2024, les signes d’une désindustrialisation massive étaient perceptibles, et que la liquidation de Brandt n’est que l’illustration d’une tendance plus large.
Dans un rapport récent, la CGT avait déjà recensé près de 100 000 postes menacés, dont 46 000 dans l’industrie, soulignant l’urgence de mesures concrètes pour soutenir les entreprises françaises face à la concurrence internationale et aux réorganisations des chaînes de valeur.
Une alerte pour l’industrie française
La fermeture de Brandt symbolise un défi industriel majeur pour la France. Entre concurrence étrangère accrue, recomposition mondiale des chaînes de production et enjeux technologiques, la perte d’un fabricant historique illustre les fragilités persistantes du tissu industriel national. La question de la préservation de l’emploi et du savoir-faire local devient centrale, et les prochaines décisions gouvernementales seront déterminantes pour limiter la désindustrialisation et protéger l’avenir du secteur.









