En bref
– L’or corrige légèrement en début de séance européenne, freiné par des prises de bénéfices et un dollar plus ferme.
– Les anticipations de baisses de taux de la Réserve fédérale continuent de limiter le repli.
– Les tensions géopolitiques autour du Venezuela renforcent l’attrait des actifs refuges.
– Les investisseurs attendent les chiffres clés de l’inflation CPI américaine de novembre.
Le cours de l’or évolue en léger repli sous le seuil des 4 350 dollars l’once jeudi matin en Europe. Après avoir atteint des sommets inédits sur sept semaines, le marché marque une pause technique. Les opérateurs arbitrent leurs positions à l’approche d’un rendez-vous macroéconomique central : la publication de l’indice des prix à la consommation américain.
Des prises de bénéfices combinées à un dollar plus ferme
L’ajustement observé sur XAU/USD s’explique en grande partie par des prises de bénéfices après la récente impulsion haussière. Le billet vert regagne du terrain sur le marché des changes, ce qui pèse mécaniquement sur l’once libellée en dollars.
Malgré ce mouvement, la structure globale reste soutenue par les anticipations de détente monétaire aux États-Unis. Les dernières statistiques sur l’emploi ont ravivé les paris sur de futures baisses de taux, réduisant l’attrait relatif des actifs rémunérés.
Politique monétaire américaine : attentes élevées, signaux contrastés
Les propos récents de responsables de la Réserve fédérale illustrent un climat toujours hésitant. Christopher Waller s’est montré favorable à un retour progressif vers un taux neutre, tout en appelant à la prudence face à une inflation persistante. À l’inverse, Raphael Bostic a exclu toute urgence à assouplir davantage la politique monétaire, conditionnant tout mouvement à une décélération plus nette des prix.
Les marchés monétaires intègrent désormais une probabilité d’environ 31 % d’une baisse de taux dès la prochaine réunion, contre 22 % avant la publication des chiffres de l’emploi, selon les données de marché.
L’inflation CPI au centre de toutes les attentions
La statistique attendue ce jeudi constitue le catalyseur immédiat. L’inflation globale américaine de novembre est anticipée à 3,1 % sur un an, tandis que l’indice sous-jacent devrait ressortir à 3,0 %.
Certaines analyses soulignent un possible effet temporaire lié aux promotions saisonnières de fin d’année, susceptible de brouiller la lecture conjoncturelle et d’alimenter la volatilité sur les marchés de taux et de devises.
Tensions géopolitiques : un soutien latent pour l’or
Sur le plan international, la situation au Venezuela ajoute une dimension supplémentaire au sentiment de risque. Le déploiement de la marine pour escorter des cargaisons pétrolières, en réaction aux menaces de blocus formulées par Washington, entretient un climat d’incertitude.
Ce contexte géopolitique tend historiquement à renforcer l’attrait des actifs perçus comme valeurs refuges, ce qui contribue à contenir la correction actuelle du cours de l’or.
Analyse technique : biais haussier préservé
Sur le plan graphique, la dynamique de fond demeure constructive. Les prix évoluent au-dessus de la moyenne mobile exponentielle à 100 jours, un seuil suivi de près par les investisseurs institutionnels. Les bandes de Bollinger s’élargissent, signalant une phase de volatilité potentielle, tandis que l’indicateur RSI se maintient au-dessus de sa zone médiane.
Un dépassement durable de la zone des 4 352 dollars pourrait rouvrir la voie vers le record historique proche de 4 381 dollars, avec en ligne de mire le seuil psychologique des 4 400 dollars. À l’inverse, une cassure sous 4 300 dollars exposerait le marché à un repli vers 4 271 dollars, puis vers la moyenne mobile située autour de 4 233 dollars.










