En bref
Le Livret A, le placement préféré des Français, pourrait voir son taux de rémunération baisser à 1,4 % en février 2026, principalement en raison de la baisse de l’inflation et de la stabilisation des taux interbancaires. Cette évolution, bien que mécanique, pourrait toutefois être modulée par une décision politique, notamment à l’approche des élections municipales. Malgré cette baisse, le Livret A reste un placement fiable, liquide et accessible, offrant une sécurité que peu d’autres produits d’épargne peuvent garantir.
Pourquoi le taux du Livret A pourrait baisser
Le Livret A est un placement réglementé, dont le taux est calculé selon une formule précise :
- Moyenne semestrielle de l’inflation hors tabac
- Taux interbancaire €STR sur le semestre de référence
Avec une inflation annuelle mesurée à seulement 0,9 % en novembre 2025, la formule conduit mécaniquement à un taux autour de 1,4 à 1,5 % pour février 2026.
Historique récent du Livret A :
- Début 2025 : 3 %
- Février 2025 : 2,4 %
- Août 2025 : 1,7 %
Cette baisse a provoqué une décollecte notable, les Français retirant plus qu’ils ne déposaient. En octobre 2025, les retraits ont atteint 3,81 milliards d’euros, illustrant la sensibilité des épargnants aux fluctuations du taux.
Les dérogations possibles et le rôle de la politique
La formule de calcul n’est pas systématiquement appliquée. Dans le passé, le gouvernement a utilisé des dérivations politiques pour protéger les épargnants :
- Gel du taux à 3 % entre août 2023 et janvier 2025, alors que la formule aurait donné plus de 4 %
Aujourd’hui, le gouvernement pourrait limiter ou différer la baisse du taux, surtout à l’approche des élections municipales pour favoriser la consommation.
« Tout porte à croire que l’on se dirige vers une nouvelle baisse du taux du Livret A, même si elle sera impopulaire », explique Philippe Crevel, directeur du Cercle de l’épargne.
Le Livret A, un outil stratégique pour les Français
Le Livret A reste un produit d’épargne populaire essentiel, garantissant à la fois sécurité et accessibilité. Ses principales fonctions :
- Financer le logement social et le renouvellement urbain
- Soutenir les ménages les plus modestes
- Offrir une épargne liquide et sans risque
Le ministre de l’Économie et des Finances, Roland Lescure, a rappelé que le gouvernement n’envisage pas de toucher au fonctionnement du Livret A, ni à son plafond, ni à sa fiscalisation.
Les recommandations du Conseil des prélèvements obligatoires (CPO)
Le CPO a proposé plusieurs pistes pour réformer l’épargne réglementée, notamment :
- Modification des plafonds des livrets (Livret A, LEP…)
- Fiscalisation de l’excédent au-delà du plafond
- Réorientation de l’épargne vers des investissements productifs pour l’économie
Ces recommandations sont informelles et ne constituent pas une décision gouvernementale. Le Livret A devrait donc conserver son rôle social et stratégique.
Comment bien anticiper cette évolution
Pour les épargnants souhaitant optimiser leur épargne face à la baisse potentielle du Livret A, quelques bonnes pratiques peuvent être adoptées :
- Diversifier ses placements : associer Livret A, LDDS, assurance-vie ou plan épargne logement
- Automatiser les dépôts pour profiter de l’effet cumulé des intérêts
- Suivre les décisions politiques qui pourraient moduler le taux
L’objectif est de préserver la sécurité tout en optimisant le rendement, notamment pour les ménages qui utilisent le Livret A comme base de leur trésorerie familiale.
Même si le taux du Livret A pourrait descendre à 1,4 % en février 2026, ce produit conserve des avantages majeurs :
- Sécurité des fonds
- Liquidité immédiate
- Impact social positif
- Facilité d’accès
Pour les Français, le Livret A reste un placement sûr et stratégique, idéal pour structurer son épargne tout en restant attentif aux évolutions économiques et politiques.
À l’heure où les taux des autres placements restent volatils, le Livret A continue d’offrir une solution simple et fiable pour protéger son capital et préparer ses projets futurs.












