En bref
- 3,81 milliards d’euros retirés du Livret A en octobre 2025, un record historique depuis 2009.
- Le taux d’intérêt à 1,7 % ne compense plus la désinflation ni les impôts locaux.
- Le LEP résiste grâce à un taux net de 2,7 %, bien supérieur au Livret A.
- L’assurance-vie en fonds euros séduit de nouveau les épargnants, avec un rendement attendu de 2,6 %.
- Le mouvement traduit une remise en cause structurelle de l’épargne bancaire.
Livret A : record de retraits en octobre, l’épargne réglementée sous pression
Une décollecte historique qui alerte
Jamais les Français n’avaient vidé leurs Livrets A à un tel rythme. En octobre 2025, 3,81 milliards d’euros ont été retirés net, selon les chiffres publiés par la Caisse des Dépôts. Ce niveau dépasse même celui de 2023 (3,77 milliards), déjà considéré à l’époque comme une alerte sérieuse.
Ce retrait massif intervient dans un climat économique marqué par la désinflation, des arbitrages fiscaux contraints, et une baisse continue du taux du Livret A, aujourd’hui fixé à seulement 1,7 %. En ajoutant le Livret de développement durable et solidaire (LDDS), la décollecte cumulée atteint 5,10 milliards d’euros.
Un mois traditionnellement défavorable, mais un mouvement plus profond
Octobre n’a jamais été le mois favori de l’épargne. Entre paiement de la taxe foncière, impôts régularisés et dépenses automnales, les sorties d’argent sont structurellement élevées. Mais selon l’économiste Philippe Crevel, l’ampleur de la décollecte 2025 dépasse le simple effet saisonnier : elle révèle une perte d’attractivité durable du Livret A.
Taux abaissé, confiance érodée
Le Livret A a vu son taux chuter de 3 % en janvier à 1,7 % en août 2025, et les projections évoquent un nouveau recul vers 1,4 % dès février 2026. Cette évolution, bien que conforme à l’évolution de l’inflation, pénalise lourdement la rentabilité nette du produit phare des épargnants français.
Le LDDS, indexé sur le même taux, suit la même trajectoire, avec 1,29 milliard d’euros de retraits en octobre.
L’assurance-vie redevient un refuge
Ce recul du Livret A ne signifie pas une baisse de l’épargne, mais un repositionnement vers des supports jugés plus dynamiques. L’assurance-vie en fonds euros, longtemps en perte de vitesse, fait son retour en grâce. Les rendements prévus à 2,6 % en 2025 attirent de nouveau les capitaux.
France Assureurs a enregistré 14,9 milliards d’euros de dépôts en septembre, un record absolu pour ce mois. Les ménages prudents cherchent des solutions alternatives aux livrets à taux gelés.
Le LEP tire son épingle du jeu
Plus discret, le Livret d’épargne populaire (LEP) affiche une collecte positive de 20 millions d’euros en octobre. Réservé aux foyers modestes, ce livret est aujourd’hui le mieux rémunéré parmi les produits garantis, avec un taux net de 2,7 %.
Son succès modéré s’explique par des critères d’éligibilité restrictifs, mais il démontre qu’une rémunération ajustée à l’inflation attire toujours l’épargne sécurisée.
Les Français tournent le dos aux taux réglementés
Le cumul des arbitrages, des désillusions sur la rémunération réelle, et des incertitudes fiscales autour du patrimoine conduit une frange croissante d’épargnants à se détourner des produits bancaires classiques.
Vers des investissements alternatifs pour sécuriser son épargne
Dans un contexte de rendement en berne et de fiscalité mouvante, de plus en plus d’épargnants se tournent vers des actifs tangibles et liquides. L’or physique, les lingots d’argent et les pièces d’investissement comme le Napoléon ou le 50 pesos mexicain représentent une valeur refuge crédible, notamment dans une logique de débancarisation partielle.
Ces placements offrent une fiscalité avantageuse à long terme, une protection contre l’érosion monétaire, et un accès immédiat au capital en cas de besoin. En période de défiance envers les institutions financières, ces stratégies patrimoniales retrouvent toute leur pertinence.











