En bref
– Le vote du budget de la Sécurité sociale 2026 suspend l’application de la réforme des retraites de 2023 jusqu’au 1ᵉʳ janvier 2028
– Les assurés nés entre 1964 et 1968 évitent un relèvement immédiat de l’âge légal
– Les carrières longues bénéficient d’un calendrier transitoire plus favorable
– Certains actifs gagnent jusqu’à six mois, parfois davantage selon leur situation
– Les catégories actives de la fonction publique profitent aussi d’un trimestre anticipé
La décision adoptée le 9 décembre 2025 à l’Assemblée nationale, dans le cadre du projet de loi de financement de la Sécurité sociale pour 2026, modifie sensiblement la trajectoire prévue par la réforme des retraites de 2023. Le texte acte une suspension de la réforme des retraites jusqu’au 1ᵉʳ janvier 2028, avec des effets immédiats pour certaines générations proches du départ.
Les premiers concernés figurent parmi les assurés nés entre 1964 et 1968. Pour eux, le calendrier initial, qui prévoyait un relèvement progressif de l’âge légal et un durcissement des conditions de durée d’assurance, se trouve temporairement figé.
Un âge légal stabilisé jusqu’à fin 2027
La mesure la plus concrète concerne l’âge légal de départ. Celui-ci reste fixé à 62 ans et 9 mois jusqu’au 31 décembre 2027. Cette stabilisation empêche l’entrée en vigueur de la montée en charge prévue dès 2026.
Les assurés nés en 1965 illustrent bien ce changement. Initialement, leur génération devait basculer vers un âge légal de 63 ans et 3 mois, avec 172 trimestres requis. Le gel permet aux personnes nées entre janvier et mars 1965 de partir dans les mêmes conditions que celles de 1964, soit avec 170 trimestres. Pour certains profils, l’écart atteint six mois, sans modification du nombre de trimestres déjà validés.
Carrières longues : un calendrier transitoire maintenu
Le dispositif des carrières longues bénéficie lui aussi de cette suspension. Les assurés ayant commencé à travailler avant 20 ans conservent un calendrier plus progressif, avec une évolution limitée à trois mois par génération.
Les personnes ayant débuté leur activité avant 16 ou 18 ans restent hors du champ de ce gel spécifique, leurs droits à un départ dès 58 ou 60 ans demeurant inchangés. Cette distinction réduit l’effet de la réforme initiale pour une large partie des carrières longues, notamment parmi les générations concernées par le report de l’âge légal.
Nouveaux âges de départ pour carrière longue
À compter du 1ᵉʳ septembre 2026, pour les pensions liquidées après cette date, le calendrier applicable se présente ainsi :
– Nés en 1964 et janvier-mars 1965 : 60 ans et 3 mois, 170 trimestres
– Avril-décembre 1965 : 60 ans et 6 mois, 171 trimestres
– 1966 : 60 ans et 9 mois, 172 trimestres
– 1967 : 61 ans, 172 trimestres
– 1968 : 61 ans et 3 mois, 172 trimestres
Cette progression confirme un avantage tangible pour les premières cohortes concernées, en comparaison du schéma prévu par la réforme de 2023.
Fonction publique : un trimestre d’avance pour les métiers pénibles
La suspension ne se limite pas au secteur privé. Les agents relevant des catégories actives et superactives de la fonction publique policiers, pompiers, égoutiers ou contrôleurs aériens bénéficient également d’un ajustement favorable.
À partir du 1ᵉʳ septembre 2026, un trimestre d’avance s’appliquera sur leur âge de départ théorique. L’exécutif justifie cette décision par la pénibilité reconnue de ces fonctions, dans un contexte où la réforme globale reste temporairement neutralisée.
Une réforme figée jusqu’en 2028, sans visibilité au-delà
Officiellement, le calendrier reste suspendu jusqu’au 1ᵉʳ janvier 2028. Aucune indication ferme n’a été donnée sur la suite du dispositif. Le gouvernement évoque une phase de réévaluation, notamment sur les équilibres financiers et les effets macroéconomiques du report de l’âge légal.
D’ici là, les assurés nés entre 1964 et 1968 évoluent dans un cadre stabilisé. L’âge de départ ne progresse plus à court terme, tandis que le nombre de trimestres exigés demeure inférieur à celui anticipé initialement. Pour les carrières longues et certains métiers pénibles, le gain se traduit par plusieurs mois de cotisation en moins.
Épargne et retraite : la tentation des actifs hors système bancaire
Dans un environnement marqué par l’incertitude réglementaire et les ajustements successifs des règles sociales, une partie des épargnants s’oriente vers des solutions d’investissement alternatives. Les lingots d’or et d’argent, ainsi que les pièces d’or, occupent une place particulière dans cette stratégie, souvent associée à un objectif de débancarisation et de sécurisation de l’épargne sur le long terme. Ces actifs physiques, détenus en direct, répondent à une logique de protection patrimoniale face aux évolutions fiscales et aux changements de cadres sociaux.












