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CPoR Devises et la cotation de l’or à Paris
CPoR est le nom sous lequel paraît, chaque jour ouvré, la principale cotation de l’or physique en France. Depuis la fermeture du marché de l’or de la Bourse de Paris, en 2004, ce cours privé sert de référence aux banques et aux bureaux de change pour les lingots et les pièces. Voici son histoire, son fonctionnement et ses limites.
Mis à jour le 20 octobre 2026 · Notre méthode

CPoR : de quoi parle-t-on ?
CPoR Devises est un établissement de crédit installé à Paris. Il fournit aux banques et aux bureaux de change des billets étrangers et des produits d’or d’investissement, et leur rachète ces mêmes produits. Le groupe qui le détenait le présentait en 2018 comme l’acteur qui assure la liquidité des marchés français des devises et de l’or.
Le nom vient de la CPR, la Compagnie parisienne de réescompte, banque qui intervenait sur le marché de l’or de Paris. Dans le langage courant, « cours CPoR » ou « cotation CPoR » désigne les prix de référence de l’or physique publiés chaque jour ouvré par cet établissement, pour des lingots et des pièces précis.
Ce guide présente l’établissement de façon factuelle. Notre site ne vend rien : il compare les prix publiés par les négociants et rappelle d’où viennent les références qu’ils utilisent.
Le marché de l’or de Paris, de 1948 à 2004

Avant 1948 : le napoléon au marché noir
De 1940 à 1945, l’or s’échange surtout au marché noir, très actif. Les cours officieux du napoléon racontent les peurs de l’époque : 500 francs en juillet 1940, 1 000 francs en septembre, 2 050 francs en février 1941 et 4 300 francs en novembre 1942, avant de revenir à 3 500 francs au moment du débarquement allié.
Après la Seconde Guerre mondiale, la France rouvre le commerce de l’or en créant un marché officiel à la Bourse de Paris, qui ouvre le 19 février 1948. La formule est rare dans le monde : l’or physique y est coté sur un marché réglementé, alors qu’ailleurs il s’échange de gré à gré entre professionnels. Seuls les lingots et les pièces admis à la cote y sont négociés.
Dans les années 1950 et 1960, Paris compte parmi les grandes places de l’or d’investissement. D’après un article des Annales des Mines publié en 2018 et signé par un représentant de CPoR Devises, il s’y échangeait 200 à 300 tonnes par an, avec des pointes à 450 tonnes en 1958, année des emprunts Pinay indexés sur l’or, et à 600 tonnes en 1968.
Un lent déclin à partir des années 1970
Les volumes reculent ensuite sans interruption. Le même article en avance plusieurs causes : la fin de la convertibilité du dollar en or en 1971, l’attrait des actions et des obligations, l’instauration d’une taxe forfaitaire sur les ventes d’or à la fin des années 1970, puis la suppression de l’anonymat des transactions en 1981. Le marché parisien perd peu à peu ses intervenants.
2004 : la fin de la cotation officielle
La baisse des échanges finit par réduire le nombre d’opérateurs sous le seuil nécessaire pour établir techniquement une cotation officielle. La séance de la fin juillet 2004 est la dernière : deux questions écrites de députés, en 2013 et 2014, datent du 30 juillet 2004 la fin de toute cotation officielle de l’or en France.
CPoR Devises, issue de la CPR, prend alors le relais en publiant son propre cours, sous le nom CPoR. Ce n’est plus une cotation boursière, mais une référence privée, établie par un intervenant qui achète et vend lui-même les produits qu’il cote. Le principe est resté le même depuis.
Pour les épargnants, le changement est surtout visible dans la manière dont le prix se forme. Il n’y a plus de séance publique ni de cours constaté par une autorité de marché. Chaque banque et chaque négociant fixe ses conditions, en s’appuyant sur la référence parisienne ou directement sur le prix international, ce qui rend la comparaison des offres d’autant plus utile.
Bon à savoir
Depuis l’été 2004, il n’existe plus en France de cotation officielle de l’or. Le cours CPoR est une référence de marché très suivie, pas un prix fixé ou garanti par une autorité publique.
Comment est établi le cours de l’or CPoR
Selon la description qu’en donnait l’article de 2018, l’établissement indique chaque jour ouvré, à 13 heures, les cours de référence auxquels sont exécutés les ordres passés par les particuliers auprès des banques et des professionnels agréés. Il s’appuie pour cela sur le cours international de l’or et sur l’offre et la demande des produits les plus échangés : pièces, lingotins et lingots.
Cette méthode explique une particularité. La prime d’une pièce dans cette cotation traduit la demande française du moment pour ce produit. Un napoléon peut ainsi coter avec une prime différente de celle d’un Krugerrand, alors que l’or qu’ils contiennent varie au même rythme sur les marchés internationaux.
Une seule cotation par jour ouvré
Le cours CPoR ne varie pas en continu : il est établi une fois par jour. Entre deux cotations, le marché international peut bouger sensiblement, dans un sens ou dans l’autre. Les négociants qui vendent en ligne ajustent au contraire leurs tarifs au fil de la journée, ce qui explique une partie des écarts entre leurs prix et la cotation parisienne du jour.
Lingots et pièces : les produits cotés à Paris
La cotation parisienne porte sur l’or physique tel que les Français le détiennent : le lingot d’un kilo, des lingotins de plus petit poids et les pièces les plus échangées, au premier rang desquelles le napoléon de 20 francs. Plusieurs pièces étrangères courantes en France y figurent également.

Le lingot d’un kilo et son bulletin d’essai
Le lingot d’un kilo échangé en France titre au moins 995 ‰ d’or fin. Il est revendu avec le bulletin d’essai qui atteste son numéro, son poids et son titre. Si ce document est perdu, ou si le lingot a été abîmé, l’acheteur demandera le plus souvent une nouvelle analyse, dont le coût réduit le prix obtenu.
Les offres actuelles des négociants se comparent sur les fiches du lingot d’or de 1 kg, du napoléon or et des lingotins d’or. Elles s’expriment en prix de vente livrés, et non en cours de référence.
Une cotation privée en débat
L’absence de cotation officielle a suscité des critiques. En 2013, le député Éric Woerth, puis en 2014 la députée Annick Le Loch interrogent le gouvernement par des questions écrites : selon eux, le cours de l’or en France repose depuis 2004 sur un prix fixé par un acteur privé disposant d’un monopole de fait, ce qui nuirait à la transparence pour les épargnants qui achètent ou revendent des pièces.
La Banque de France reprenait alors ces cours parisiens sur son site, à titre d’information. Un groupe de travail réuni par l’institution a recommandé d’arrêter cette publication, jugeant que le suivi quotidien d’un marché de détail ne relevait pas de son expertise. Selon la réponse ministérielle publiée fin 2014, la Banque diffuse depuis le 1er septembre 2014 le cours de l’once d’or en euros et en dollars.
Ce débat éclaire la nature du cours CPoR : une référence pratique, adoptée par les banques et une partie des professionnels, mais établie par un acteur du marché. Elle ne dispense pas de comparer les prix réellement proposés.
Paris face aux grandes places mondiales de l’or
Le marché parisien est d’abord un marché de détail, tourné vers les pièces et les lingots des particuliers. Les grands volumes se traitent ailleurs : à Londres, entre banques, sur des barres d’environ 400 onces, à New York sur les contrats à terme, et en Asie sur les bourses de l’or physique. Le prix de ces places s’impose à tous, Paris compris.
La cotation parisienne ne fixe donc pas la valeur de l’or : elle la traduit, en euros, pour des produits précis. Quand le prix mondial monte ou baisse, le lingot d’un kilo suit presque à l’identique. Les pièces, elles, peuvent s’écarter davantage, car leur prime reflète les attentes des acheteurs et des vendeurs français, parfois éloignées de celles des autres pays.
C’est aussi pour cette raison que le napoléon garde en France une place à part. Pièce la plus répandue dans les patrimoines français, il se négocie avec une prime qui lui est propre, plus ou moins élevée selon les périodes, alors que des pièces étrangères au contenu d’or voisin, comme la 20 francs suisse ou le souverain, peuvent coter différemment.
Cotation parisienne, cours de Londres, prix des négociants
| Référence | Ce qu’elle mesure | Fréquence | Monnaie |
|---|---|---|---|
| LBMA Gold Price | or pur, barres du marché de Londres | deux fois par jour ouvré | dollar |
| Cours au comptant | or pur, prix des échanges entre professionnels | en continu, en semaine | dollar, converti en euro |
| Cotation CPoR | lingots et pièces échangés en France | une fois par jour ouvré | euro |
| Prix des négociants | prix de vente et de rachat de chaque professionnel | variable selon le vendeur | euro |

Pour un particulier, aucune de ces références ne remplace le prix réel d’une transaction. Ce qui compte, c’est le montant payé ou reçu, rapporté au poids d’or fin. La page du cours de l’or explique la formation du prix mondial, et celle de l’once d’or les unités employées par les marchés.
De la CPR à Loomis : les propriétaires de CPoR Devises
L’histoire de l’entreprise suit celle des regroupements bancaires. En 2005, le groupe Tessi rachète CPoR Devises au Crédit Agricole, qui en conserve 20 % du capital. Le 4 juin 2018, Tessi annonce un accord pour céder sa filiale au groupe suédois Loomis, spécialiste du transport de fonds et de la gestion des espèces. L’opération est menée à bien dans les mois qui suivent.
Au moment de cette cession, CPoR Devises comptait environ 130 salariés et réalisait un chiffre d’affaires d’environ 37,5 millions d’euros en 2017, avec un siège à Paris et des implantations à Lyon, Marseille et Nice. Ses activités sont depuis exercées sous la bannière de Loomis, même si beaucoup de professionnels continuent de parler de « cours CPoR ».
Le bas de laine des Français
La cotation CPoR concerne un stock considérable. Aucune statistique officielle ne mesure l’or détenu par les particuliers, mais l’article de 2018 cite des estimations de 3 000 à 3 500 tonnes, dont un tiers sous forme de lingots et deux tiers sous forme de pièces, principalement des napoléons. À titre de comparaison, la Banque de France détient environ 2 437 tonnes.
Selon le même article, 80 % des détenteurs possèdent de l’or acheté pendant les années fastes du marché parisien ou reçu en héritage. Ces pièces et ces lingots ressortent au fil des successions, des besoins de trésorerie ou des hausses de prix, et rejoignent alors le circuit des professionnels, où la cotation parisienne sert de point de repère.
Ce que cette cotation change pour un particulier
Si vous passez un ordre d’achat ou de vente d’or par votre agence bancaire, il est en principe exécuté sur la base de la cotation parisienne du jour, à laquelle s’ajoutent les commissions et frais de la banque. Vous ne connaissez donc le prix exact qu’après la cotation, et les frais peuvent peser lourd sur de petites quantités.
Selon l’heure à laquelle votre banque transmet l’ordre, il sera exécuté sur la cotation du jour ou sur celle du jour ouvré suivant. Entre-temps, le marché international a pu évoluer. Renseignez-vous sur l’heure limite de réception des ordres avant de vous engager.
- Demandez le barème complet des frais avant de passer un ordre.
- Comparez le prix final, frais inclus, avec les offres des négociants relevées sur ce site.
- Pour une revente, vérifiez si vos lingots ou vos pièces devront être expertisés, et à quel coût.
Cette référence reste utile, notamment pour situer la prime d’une pièce française par rapport à sa valeur en or. Pour décider, comparez toujours plusieurs prix réels : le comparatif achat or et le guide du rachat d’or vous y aident, de même que notre guide pour investir dans l’or.
Questions fréquentes
Qu’est-ce que le CPoR ?
CPoR Devises est un établissement de crédit parisien qui fournit et rachète devises et produits d’or d’investissement pour les banques et les bureaux de change. Son nom désigne aussi, par extension, la cotation quotidienne de l’or physique qu’il publie depuis la fin de la cotation officielle à la Bourse de Paris, en 2004.
À quelle heure est publié le cours de l’or CPoR ?
Selon la description publiée en 2018 par un représentant de l’établissement, la cotation est établie chaque jour ouvré à 13 heures. Elle ne varie pas en continu : le cours du jour reste la référence jusqu’à la cotation suivante, contrairement au cours international, qui bouge à chaque instant.
Le cours CPoR est-il un cours officiel ?
Non. Depuis la fin juillet 2004, il n’existe plus de cotation officielle de l’or en France. Le cours CPoR est une référence privée, établie par un intervenant du marché, que les banques et de nombreux professionnels utilisent comme base pour les ordres de leurs clients.
Pourquoi le cours CPoR diffère-t-il du cours de Londres ?
Le cours de Londres porte sur l’or pur en barres, en dollars par once. La cotation CPoR porte sur des produits précis, en euros : lingots, lingotins et pièces, avec une prime qui reflète l’offre et la demande françaises. Elle est aussi fixée une seule fois par jour ouvré.
Qui possède CPoR Devises ?
Depuis l’accord annoncé en juin 2018 avec le groupe Tessi, CPoR Devises appartient au groupe suédois Loomis, spécialiste du transport de fonds et de la gestion des espèces. Auparavant, Tessi l’avait rachetée en 2005 au Crédit Agricole, qui en avait conservé 20 %.
L’or est-il encore coté à la Bourse de Paris ?
Non. Le marché officiel de l’or, ouvert à la Bourse de Paris en février 1948, a cessé de fonctionner à l’été 2004, faute d’un nombre suffisant d’opérateurs. Depuis, l’or physique se négocie de gré à gré, et la cotation CPoR sert de référence privée.
Où consulter le cours CPoR ?
L’établissement publie sa cotation chaque jour ouvré, et de nombreux sites de professionnels la reprennent. Cette page n’en reproduit pas les valeurs : notre site compare les prix réellement proposés par les négociants, relevés plusieurs fois par jour, et la valeur de l’or contenu dans chaque produit.
Peut-on acheter de l’or au cours CPoR ?
Par l’intermédiaire d’une banque, un ordre est en principe exécuté sur la base de la cotation du jour, frais et commissions en plus. Les négociants appliquent leurs propres prix, parfois plus bas une fois tous les frais comptés. Comparez toujours le montant final rapporté au poids d’or fin.
Que signifie le nom CPoR ?
Le nom vient de la CPR, la Compagnie parisienne de réescompte, banque active sur le marché de l’or de Paris. CPoR Devises en est issue et a pris le relais de la cotation de l’or en 2004. L’expression « cours CPoR » est restée dans l’usage des professionnels comme des épargnants.